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Collection de minéraux
Université Pierre et Marie Curie

Les phosphates

La famille des phosphates, arséniates et vanadates, présentée en vitrine 13, 14 et 15, est caractérisée par la présence de groupements composés d'un atome de phosphore, d’arsenic ou de vanadium, et de quatre atomes d'oxygène.

Cette famille se trouve d’ordinaire dans la zone supérieure des filons métalliques, exposée aux infiltrations d’eau, à l’oxygène et aux bactéries. Riche en oxydes de fer de couleur rouille, cette zone est appelée « chapeau de fer ». On y trouve souvent des vides, où les cristaux se développent librement.

La présence d’oxyde de fer est bien visibles ici sur les grands spécimens d’adamite et de descloizite (des(e)kloïzite).

L’Adamite se présente en cristaux vert jaune sur une roche à l’aspect brique et rugueux . La formation de ce minéral résulte de l’oxydation du sulfure de zinc en présence d’arsenic.

Son nom n’a rien à voir avec le premier homme de la Bible. Il a été choisi en hommage à Gilbert Adam, un minéralogiste et collectionneur du 19e siècle qui en a fourni les premiers spécimens.

D’autres phosphates se rencontrent aussi dans des roches appelées pegmatites, qui se forment lorsque des masses de magma fondu se solidifient. A ce moment là, la présence de poches de gaz piégées, appelées géodes, fours ou cryptes permet la croissance de cristaux libres bien formés. Les minéraux d’une pegmatite sont par exemple la Beryllonite (bérionite), les Herdérites et les Brazilianites.

Les premières brazilianites ont été découvertes en 1942 à Corrego Frio, au Brésil.

Les mineurs, en voyant leur couleur vert jaune et leur transparence, pensèrent avoir trouvé des pierres précieuses. Mais ils déchantèrent très vite car les cristaux étaient trop fragiles pour avoir une telle valeur.

Maigre consolation pour les mineurs, si d’autres spécimens de cette espèce ont été trouvés ailleurs, les meilleurs échantillons restent ceux de Corrego Frio.

 

La vitrine 14 présente plusieurs des 18 espèces de la famille de l’apatite,  comme la pyromorphite, la vanadinite ou encore la mimétite.

Regardez les nombreux échantillons d’Apatite, il s’agit d un phosphate de calcium courant, enrichi soit en carbonate soit en fluor.

Lorsque l’apatite contient du carbonate, on l’appelle « carbonatapatite ». Cette combinaison est le constituant minéral de nos dents et de nos os.

La carbonatapatite est cependant moins résistante que l’apatite contenant du fluor appelée fluorapatite. L’utilisation de pâtes dentifrice au fluor transforme l’apathite de nos dents en fluorapatite et donc les durcit.

A côté, la Pyromorphite fait partie, elle aussi de la famille de l’apatite. Elle est courante dans les zones oxydées de sulfures de plomb.

Dans les années 1970-1980, sa récolte dans la mine des Farges, en Corrèze,  a crée un véritable bras de fer entre les mineurs et les ingénieurs. Cette mine était, en effet, exploitée pour la galène. Or, la pyromorphite en détériore la valeur. Ainsi, d’un côté, les ingénieurs cherchaient à éviter les zones à pyromorphite. De l'autre, les mineurs faisaient tout leur possible pour y accéder, afin d’en tirer un complément de revenus.

La Vanadinite, quant à elle, est typique des pays arides et  apparaît lorsque le sulfure de plomb s’oxyde. Les meilleures vanadinites se trouvent au Maroc, plus particulièrement dans la mine de Mibladen.

Cette mine a pourtant fermé en 1999. Depuis, des mineurs amateurs et des aventuriers se ruent pour explorer une zone riche en vanadinite appelée le filon Acif.

Durant une courte durée, ils trouvèrent même des groupements géants de cristaux associés à de la barytine.

 

La vitrine 15 contient une extraordinaire sélection de minéraux de Mounana, au Gabon.

Ce gisement a été découvert accidentellement, en 1956, par deux géologues. Ces derniers  venaient de prendre livraison d’un nouveau compteur, qui délivrait un signal sonore en cas d’anomalie radioactive. Sur le chemin du retour, ce compteur, baptisé « binioutron », avait été laissé en marche par négligence. Soudain, sur une portion de route voisine de Mounana, il se mit à sonner : un grand gisement venait alors d’être trouvé !

La partie supérieure de ce gisement était  riche en minéraux colorés. Mais, en 1963, les mineurs atteignirent une zone à minéraux noirs.

Plusieurs minéraux jusqu’alors inconnus furent découverts à Mounana.

Le premier a avoir été identifié, en 1957, fut la Francevillite (francevilite), minéral souvent en boule de couleur orangée ou plus rarement verte.

En 1962, le laboratoire de Minéralogie-Cristallographie reçut une carotte de forage avec une partie tapissée de cristaux. Les analyses révélèrent d’autres nouvelles espèces comme la Chervétite. Une mission fut aussitôt organisée pour sauver les derniers spécimens de la couche supérieure du gisement.

Certains d’entre eux présentaient un dépôt jaune poudreux, qui partait avec un nettoyage léger. En 1968, cet enduit jaune a fini par être analysé et s’est révélé être a son tour un nouveau minéral : la curiénite. Ce nom a été choisi en hommage au Professeur Hubert Curien, un enseignant du Laboratoire, futur ministre de la recherche. Malheureusement, très peu de spécimens ont échappé au nettoyage.

02/07/15

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